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As Sahaba

  • : As Sahaba - Les Compagnons du Messager d'Allah صلى الله عليه و سلم
  • As Sahaba - Les Compagnons du Messager d'Allah صلى الله عليه و سلم
  • : السلام عليكم ورحمة الله وبركاته - Voici un bref aperçu de la vie des Compagnons du Messager d'Allah صلى الله عليه و سلم Mais aussi de certains Tabi’in et Tabi’Tabi’ines et des 3oulema de ahlu sunnah wa jama3a
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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 01:26

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‘Ali ibn Talîb -qu’Allah l’agrée- a rapporté qu’il a entendu le Messager d’Allah -Prières et bénédiction d'Allah sur lui- dire :

“ La meilleure des femmes est Maryam fille de ‘Imran et la meilleure d’entre elles est également Khadija bint Khouwaylid »[2]

Ibn ‘Abbas -qu’Allah l’agrée- a dit : Le messager d’Allah -Prières et bénédiction d'Allah sur lui- a marqué quatre fois le sol, et il dit : « Savez vous ce que c’est ? » Ils dirent : « Allah et Son messager sont plus savants !»
Il dit : « Les meilleures femmes des gens du paradis qui sont : Khadija bint Khouwaylid, Fatima bint Mouhammad, Assia bint Mouzâhim femme de Pharaon, et Maryam bint ‘Imran, qu’Allah les agrées toutes. »[3]

Selon Anas -qu’Allah l’agrée- , Jibril est venu au Prophète alors qu’il était avec Khadija et il lui dit : « Allah te salue Khadija. » Elle lui dit : « Allah c’est Lui Le Salam, et sur Jibril le Salam et que le Salam, la miséricorde et la bénédiction soit sur toi. »[4]

Abou Houraïra -qu’Allah l’agrée- rapporte que l’ange Jibril est venu au Messager d’Allah -Prières et bénédiction d'Allah sur lui- et dit : « O Messager d’Allah, voici Khadija qui arrive en portant avec elle un plat de sauce, ou de nourriture ou de boisson, lorsqu’elle arrivera à toi, passe lui le Salam de Son Seigneur, et de ma part, et annonce lui cette bonne nouvelle : Une demeure au Paradis en perle, loin de toutes peines et de toutes gênes. »[5]

‘Aïcha -qu’Allah l’agrée- a dit : « Je n’ai jamais été autant jalouse des épouses du Prophète comme je ne l’étais de Khadija, alors que je ne l’ai jamais vue. Seulement le Prophète l’évoquait à tel point qu‘il sacrifiait un mouton, le coupait en morceaux qu’il partageait entre nous pour ensuite l’envoyer aux amis de Khadija, jusqu’à ce qu’une fois je lui dise : « Comme s’ il n’y avait dans cette vie que Khadîdja !! ». Et il me répondit : « Elle était ainsi… , et ainsi…et j’eus d’elle des enfants. »[6]


‘Aïcha -qu’Allah l’agrée- a dit : «Une fois Hallat bint Khouwaylid, la sœur de Khadija, demanda qu’on la laisse entrer voir le Messager d’Allah, c’est alors qu’il la reconnut et se rappela de Khadija, (ce qui le soulagea) et dit : « Ô mon Seigneur c’est Hallat !! », ce qui me rendit jalouse, et je lui dit : « Est-ce possible que tu te rappelles d’une vieille parmi les vieilles Qoreïchites dont les deux coins de la bouche ont rougi, morte depuis longtemps ? Allah ne t’a t’il pas donné à sa place meilleure(s) que cela ?» [7]

Et la suite selon une version rapporté par at-Tirmidhî n°3886, il répondit : « Par Allah, Il ne m’a pas donné mieux qu’elle! car elle m’a cru lorsque les gens m’ont mécru , elle m’a rendu véridique lorsque les autres m’ont dit que je mentais, elle m’a accordé de ses biens lorsque les gens m’en ont privé, et par la grâce d’Allah je n’ai eu de descendance que de cette femme .»[8]

 

 

 

Oummou Safiya al Djazaïria & Abou ‘Abdir Rahmane ‘Abdoullah Attantany.
Références : (Pour la partie sur ‘Aïcha -Qu’Allah l’agrée- )
Fath al Barî de ibn Hajar al ‘Asqalani Référence :
avec le Tahqiq de Cheikh ibn Baz, Tome n°7. Al ‘ilm wal ‘Oulama
Sahih Mouslim « Chapitre sur les mérites de Khadija et de ‘Aïcha » du cheikh abou Bakr Jabir al Djazaïri

 

 

 

 

 

http://www.al.baida.online.fr/femme_merescroyants.htm

 

[2] Hadith rapporté par al Boukharî n°3815 et Mouslim n°69/2430.
[3] Hadith rapporté par Ahmad n° 1/293 ; ibn Hajar l’a authentifié dans Fath al Barî 6/471.
[4] Hadith Hassan rapporté par Nassa-î n° 254.
[5] Hadith rapporté par Boukharî n°3820 et par Mouslim n°71/2432.
[6] Hadith rapporté par Boukharî n° 3816
[7] Hadith rapporté par Boukharî et par Mouslim n° 77/2436.
[8] Hadith rapporté Tirmidhi n°3886.

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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 01:15

oum souleym

 

Roumayssa ou Oum Souleym était la mère d'Anas Ibn Malek.


Le Prophète, Salla Allahou Alaihi wa Salam, dit a son sujet : « Je suis entré au Paradis et j'ai entendu quelqu'un bouger. C'était Al Roumaysa la fille de Milhane. »(Rapporté par Boukhari). Elle offrit son fils unique pour servir le Prophète Mohammed, Salla Allahou Alaihi wa Salam. Elle combattit par sa personne et par ses biens dans la voie d'Allah.


L'Envoyé d'Allah, Salla Allahou Alaihi wa Salam lui a prédit le Paradis...


Selon Anas Radhia Allahou Anhou : « Les femmes des Ansars et parmi elles Oum Souleym, combattirent avec le Prophète Salla Allahou Alaihi wa Salam. Elles donnèrent à boire aux combattants assoiffés et soignèrent les blessés. »
Selon Kaâb ibn Malek, Radhi Allahou Anhou : « J'ai vu Oum Souleym Bint Milhane ainsi que Aïcha, Radhi Allahou Anhouma, avec des outres pleines d'eau sur leur dos, le jour de la bataille d'Ohoud. Le Jour de la bataille de Hounaïne, Oum Souleym désirait la récompense divine en accompagnant le Prophète, Salla Allahou Alaihi wa Salam. Elle portait un poignard sous sa ceinture et son époux Abou Talha l’a vu. Il s’est rendu chez le Prophète, Salla Allahou Alaihi wa Salam, et lui a dit : « Est-ce que tu as vu Oum Souleym portant un poignards ? » Le Messager d'Allah, Salla Allahou Alaihi wa Salam, a alors dit à Oum Souleym : « Que comptes-tu faire avec ça, désignant le poignard, Ô ! Oum Salim ? » Elle a répondu : « Si un des infidèles voudrait te tuer, je le poignarderais. »
Qu'Allah soit satisfait d'Oum Souleym et de la famille d'Abou Talha...


  • Son mariage avec Abou Talha (que Dieu l'agrée)


D'après Anas (que Dieu l'agrée), Malick Ibn Anas dit à sa femme, Oum Soulaym, la mère d'Anas : "Cet homme (le Prophète) interdit le vin". Et puis il regagna la Syrie où il périt. Par la suite Abou Talha s'adressa à Oum Soulaym, histoire de lui demander sa main.
La dame répondit en ces termes : "Abou Talha, un homme comme toi ne peut pas être éconduit, mais tu es encore mécréant et moi je suis musulmane, ce qui rend notre mariage impossible".
- "Dis, quel en est le coût ?"
- "De quel coût s'agit-il ?"
- "De l'or et de l'argent."
- "Je ne veux ni or ni argent, mais je veux que tu deviennes musulman. Si tu te convertis, je m'en contenterai à titre de dot et je ne veux rien d'autre."
- "Comment m'y prendre (c'est-à-die qui va m'aider à le faire) ?"
- "le Messager de Dieu."
Abou Talha alla sur le champ retrouver le Messager de Dieu au milieu d'un groupe de ses compagnons. Quand le Messager le vit venir, il leur dit : "Voilà Abou Talha qui arrive le visage éclairé par l'Islam".
Abou Talha lui raconta ce qu'Um Soulaym avait dit et il la lui donna en mariage.


  • La mort de son enfant et sa patience dans cette épreuve


Thait al-Banani (l'un des rapporteurs du hadith d'après Anas) a dit : "Nous ne sachions pas une dot fût plus importante que la sienne puisqu'il se contenta de l'adhésion à l'Islam (de son homme). Cette épouse était de petite taille aux yeux charmants. Elle resta auprès de son mari qui l'aimait très fort et ils eurent un enfant. Ensuite celui-ci tomba gravement malade. Ce qui toucha Abou Talha profondément.

Abou Talha se levait à l'aube, faisait ses ablutions et se rendait auprès du Prophète (que Dieu le bénisse et le salut) pour prier avec lui et restait en sa compagnie jusqu'au milieu de la journée. Et puis il rentrait chez lui pour manger et se reposer. Après avoir accompli la prière du zuhr, il repartit pour rejoindre le Prophète (que Dieu le bénisse et le salut) et ne revenait qu'après la prière du crépuscule.

Une fois Abou Talha alla retrouver le Prophète (que Dieu le bénisse et le salut) dans la soirée [à la mosquée] et l'enfant décèda (pendant son absence).
Oum Soulaym se dit : personne n'informera Abou Talha du décès de son fils avant moi. Elle prépara le corps de l'enfant et le couvrit et le plaça dans un coin de la maison comme s'il s'endormait. Abou Talha revint de chez le Mesager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salut) en compagnie d'un groupe de ses compagnons et co-utilisateurs de la mosquée.
- "Comment va mon fils ?" Dit-il.
- "Ô Abou Talha, il est aujourd'hui plus calme qu'il ne l'a jamais été depuis le début de sa souffrance et j'espère qu'il s'est reposé." Dit-elle.
Et puis elle servit le dîner et ils mangèrent. Puis les gens prirent congé de lui. Et Il alla se coucher. Sa femme se mit dans sa meilleure toilette. C'est-à-dire qu'elle se para pour être plus belle.

Elle vint se coucher à côté de lui. Dès qu'il sentit l'odeur du parfum, il fit avec elle ce qu'un homme fait à sa femme.


Vers la fin de la nuit, elle dit : "Abou Talha, dis-moi ! Si des gens prêtaient à d'autres un objet et venaient le leur réclamer ensuite, les emprunteurs pourraient-ils refuser la restitution de l'emprunt ?"
- "Non."
- "Dieu le Puissant, le Majestueux t'avait prêté ton fils et Il l'a repris. Sois patient et espère en être compensé par Dieu."


Il fut furieux et lui dit : "Tu me laisses faire ce que j'ai fait (les rapports intimes) puis tu m'annonces le décès de mon fils ?!" Et puis il dit : "Nous appartenons à Dieu et c'est à Lui que nous retournerons" et loua Dieu.

Au matin, il prit un bain, se rendit auprès du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salut), pria avec lui et l'informa de ce qui s'était passé.
Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salut) dit :
"Puisse Dieu faire de la nuit dernière une nuit bénie pour vous".Cette prière prophétique profita à Oum Soulaym et elle conçut un enfant.



  • La naissance de son nouveau fils


Elle accompagnait le Messager (que Dieu le bénisse et le salut) dans ses voyages et ne le quittait nulle part.
Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salut) dit :
"Si elle accouche, amenez-moi l'enfant."


Une fois, elle l'accompgnait dans un voyage et le Prophète (que Dieu le bénisse et le salut) avait l'habitude, à son retour à Médine, de ne pas y entrer en pleine nuit. Quand ils arrivèrent à proximité de Médine, Oum Soulaym commença le travail d'accouchement. Abou Talha alla s'occuper d'elle tandis que le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salut) poursuivait son voyage.
Abou Talha dit : "Ô Maître, tu sais qu'il me plaît de sortir avec ton Prophète et de rentrer avec lui. Mais voilà que je me trouve retenu par ce que Tu vois..".
Oum Soulaym lui dit : "Abou Talha, je ne sens plus ce que je sentais".
Le couple reprit son voyage et la femme ne recommença son travail d'accouchement qu'après leur arrivée à Médine. Elle eut un garçon et dit à son fils Anas : "Anas, je ne l'allaiterai que quand tu l'aurais montré au Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salut) et elle lui remit des dattes avec le bébé".
Anas dit : "Le bébé pleura toute la nuit et je m'en occupais jusqu'au matin. Puis je le portai au Messager de Dieu que je trouvai vêtu d'un manteau et entrain de marquer des chameaux et des moutons (il s'agissait du marquage des chameaux issus de la zakat pour éviter leur perte). Quand il regarda le bébé, il dit :
- "Est-ce que la fille de Malhane a accouché ?"

- "Oui" Lui dit Anas.
- "Attends que je sois entièrement à vous." Et puis il jeta ce qu'il avait en main, saisit le bébé et dit : "Est-ce qu'il est venu avec quelque chose ?"
- "Oui, des dattes" Lui dirent-ils.
Et puis, le Prophète (que Dieu le bénisse et le salut) prit quelques dattes, les mit dans sa bouche pour les mouiller avec sa salive. Puis il ouvrit la bouche du bébé, y introduisit les dattes et les fit passer à la partie supérieure de la bouche Le bébé se mit à lécher les dattes et les sucer. Ainsi la première nourriture reçue par l'estomac de ce bébé fut mélangée avec la salive du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salut).
Celui-ci dit :
"Voyez comment les Ansars aiment les dattes !"

Anas dit : je lui dit : ô Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salut) donne-lui un nom.
Il massa son visage et l'appela 'Abdoullah. Aucun jeune des Ansars n'était meilleur que lui. Il eut beaucoup de descendants et subit le martyr pendant la conquête de la Perse par les Musulmans. Ceci fait partie des effets de la prière bénie du Prophète (que Dieu le bénisse et le salut). (Al-Boukhari, Mouslim, Ahmad, at-Tayalissi)

 

 

pris de el ilm . net

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 00:14

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  •   Sa généalogie :

 Fâtima était la cinquième enfant du Prophète Mouhammad (صلى الله عليه و سلم) et de sa femme Khadîja (رضي الله عنها). Elle naquit alors que son respecté père avait commencé à passer de longs moments de solitude dans les montagnes entourant la Mecque, méditant et réfléchissant aux grands mystères de la création.

  • Sa jeunesse :

C'était le moment, avant que le Prophète Mouhammad (صلى الله عليه و سلم) ne commence à recevoir la Révélation, où sa sœur aînée, Zaynab, épousa son cousin al-As ibn ar Rabiah. Puis suivit le mariage de ses deux autres sœurs, Rouqayya et Oum Kulthum, avec les fils d'Abou Lahab, l'oncle paternel du Prophète (صلىالله عليه و سلم). Abou Lahab ainsi que sa femme Oum Jamil étaient devenus des ennemis jurés du Prophète (صلىالله عليه و سلم) au tout début de sa mission publique.

La petite Fâtima (رضي الله عنها) vit alors ses sœurs quitter la maison l'une après l'autre pour vivre avec leurs époux. Elle était trop jeune pour comprendre la signification du mariage et les raisons pour lesquelles ses sœurs devaient quitter la maison. Elle les aimait beaucoup et fut triste et solitaire après leur départ. On dit qu'un certain mutisme et une douloureuse tristesse l'envahit alors.

Bien entendu, même après le mariage de ses sœurs, elle n'était pas seule dans la maison de ses parents. Barakah, l'esclave d'Aminah, la mère du Prophète (صلى الله عليه و سلم), qui était avec le Prophète (صلى الله عليه و سلم) depuis sa naissance, Zayd ibn Hâritha (رضي الله عنه) et 'Ali (رضي الله عنه), le jeune fils d'Abou Tâlib faisaient tous partie de la famille de Mouhammad (صلىالله عليه و سلم) à cette époque. Et bien sûr, il y avait sa mère affectueuse, Khadîja (رضيالله عنها).

En sa mère et en Barakah, Fâtima (رضيالله عنها) trouva énormément de soulagement et de réconfort. En Ali (رضي الله عنه), qui n'avait que deux ans de plus qu'elle, elle trouva un frère et un ami, qui d'une manière ou d'une autre prenait la place de son propre frère Al-Qasim, mort en bas âge. Son autre frère, Abdullah, connu comme 'le bon et le pur', qui naquit après elle, mourut également en bas âge. Pourtant dans aucune des personnes composant la famille de son père, Fâtima (رضيالله عنها) ne trouva le plaisir insouciant et la joie qu'elle trouvait avec ses sœurs. Elle était une enfant exceptionnellement sensible pour son âge.

A l'âge de cinq ans, elle apprit que son père était devenu "Rasoul Allah", le Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم). Sa première obligation était de transmettre la bonne nouvelle de l'Islam à sa famille et à ses proches relations. Ils devaient adorer Dieu Tout Puissant Seul. Sa mère, qui était un puissant appui et soutien, expliqua à Fâtima (رضي الله عنها) ce que son père devait faire. A partir de ce moment, elle devint plus étroitement lié à lui et éprouva un amour profond et durable pour lui. Souvent elle marchait à ses côtés, à travers les rues étroites et les sentiers de la Mecque, visitant la Kabah, s'occupant des secrètes réunions des premiers musulmans à avoir accepté l'islam et à avoir prêté allégeance au Prophète (صلى الله عليه و سلم).

Un jour, alors qu'elle n'avait pas encore dix ans, elle accompagna son père à la mosquée al-Harâm où il se tint en un endroit nommé al-Hijr, en face de la Kabah, et commença à prier. Fâtima (رضيالله عنها) resta à ses côtés. Un groupe de Qouraych, avec de mauvaises intentions à l'égard du Prophète (صلى الله عليه و سلم), se réunirent autour de lui. Il y avait Abou Jahl ibn Hisham, l'oncle du Prophète (صلى الله عليه و سلم), Uqbah ibn Abi Muayt, Umayyah ibn Khalaf, ainsi que Shaybah et Utbah, les fils de Rabi'ah. De façon menaçante, le groupe monta vers le Prophète (صلى الله عليه و سلم) et Abou Jahl, le meneur, demanda : "lequel d'entre vous peut apporter les entrailles d'un animal abattu et les jeter sur Mouhammad ?"

 Uqbah ibn Abi Muayt, l'un des plus odieux du groupe, se porta volontaire et partit précipitamment. Il revint avec les ordures dégoûtantes et les jeta sur les épaules du Prophète (صلىالله عليه و سلم), alors qu'il était toujours prosterné. Abdullah ibn Masud, un compagnon du Prophète (صلىالله عليه و سلم), était présent mais il ne pouvait rien dire ou faire. Imaginez le sentiment de Fâtima (رضيالله عنها), quand elle vit son père traité de la sorte. Que pouvait-elle faire, elle, une enfant de moins de dix ans ? Elle monta vers son père et lui retira les choses répugnantes puis elle se tint fermement et en colère devant le groupe de voyous Qouraych et lança des paroles blessantes contre eux. Ils ne lui dirent pas un seul mot. Le Prophète (صلىالله عليه و سلم) releva sa tête de la prosternation et continua à accomplir la salat. Puis il dit "Oh Allah ! Puisses-tu punir ces Qouraych !" Et il répéta cette invocation trois fois. Puis il continua : "Puisses-tu punir Utbah, Uqbah, Abou Jahl et Shaybah" ceux qu'il nomma moururent quelques années plus tard à la bataille de Badr.

 A une autre occasion, Fâtima (رضيالله عنها) était avec le Prophète (صلى الله عليه و سلم) alors qu'il faisait la circombulation autour de la Kabah. Une foule de Qouraych se réunit autour de lui, le saisirent et essayèrent de l'étrangler avec ses propres vêtements. Fâtima (رضيالله عنها) cria et appela à l'aide. Abou Bakr (رضيالله عنه) accouru et réussit à libérer le Prophète (صلىالله عليه و سلم). Il implorait alors: "Tueriez-vous un homme qui dit : 'Mon seigneur est Allah". Au lieu de baisser les bras, la foule se tourna vers Abou Bakr (رضي الله عنه) et commença à le battre jusqu'à ce que le sang coule de sa tête et de son visage.


Elle fut témoin de telles scènes de cruelle opposition et de harcèlement contre son père et les premiers musulmans. Elle ne se tenait pas sagement de côté mais se joignait à la lutte pour la défense de son père et de sa noble mission. Elle n'était encore qu'une jeune fille, et au lieu de gambader joyeusement, au lieu de la gaîté et l'entrain auxquels chaque enfant de son âge est et doit normalement être habitué, Fâtima (رضيالله عنها) était témoin, et participait à de telles épreuves.

Bien sûr elle n'était pas la seule. Toute la famille du Prophète (صلى الله عليه و سلم) souffrait à cause des violents et stupides Qouraych. Ses sœurs, Rouqayya et Oum Kulthum souffraient également. Elles vivaient à ce moment dans un environnement de haine et de machination contre le Prophète (صلى الله عليه و سلم). Leurs maris étaient Utbah et Utaybah, les fils d'Abou Lahab et d'Oum Jamil. Oum Jamil était connue comme une femme dure et bourrue qui avait une langue acérée et mauvaise. C'était principalement à cause d'elle que Khadîja (رضي الله عنها) n'était pas contente du mariage de ses filles avec les fils d'Oum Jamil. Cela dû être difficile pour Rouqayya et Oum Kulthum de faire partie de la famille de tels ennemis invétérés qui ne se joignaient pas seulement à la bataille contre leur père mais qui la menaient.

 Comme un signe de déshonneur pour Mouhammad (صلى الله عليه و سلم) et sa famille, Utbah et Utaybah furent poussés par leurs parents à répudier leurs femmes. Cela faisait partie du procédé pour bannir totalement le Prophète (صلىالله عليه و سلم). Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) accueillit bien sûr ses filles, de retour à la maison, avec joie, bonheur et soulagement.

 

Sans aucun doute, Fâtima (رضي الله عنها) se réjouit d'être à nouveau avec ses sœurs, elles souhaitaient toutes que leur sœur aînée, Zaynab, soit aussi répudiée par son mari. En fait, les Qouraych exerçait une pression sur Abu-l Aas pour cela mais il refusa. Quand le meneur des Qouraych s'approcha de lui et lui promit la plus riche et la plus belle femme s'il répudiait Zaynab, il répondit : "j'aime profondément et passionnément ma femme, et j'ai une grande estime pour son père, même si je n'ai pas embrassé l'islam".

 

Rouqayya et Oum Kulthum étaient toutes deux heureuses d'être de retour auprès de leurs chers parents et d'être débarrassées de l'insupportable torture mentale dont elles faisaient l'objet chez Oum Jamil. Peu de temps après, Rouqayya se remaria, avec le jeune et timide 'Othman ibn Affan, l'un des premiers à avoir accepté l'islam. Ils partirent tous deux pour l'Abyssinie aux côtés des premiers "muhajiroûn" (émigrés) qui cherchèrent refuge dans ce pays et y restèrent plusieurs années. Fâtima (رضي الله عنها) ne revit plus Rouqayya jusqu'après la mort de sa mère. La persécution du Prophète (صلى الله عليه و سلم), de sa famille et de ses compagnons continua et s'aggrava même après l'émigration des premiers "muhajiroûn" en Abyssinie. Lors de la septième année environ de sa mission, le Prophète (صلىالله عليه و سلم) et sa famille durent quitter leur maison et trouvèrent refuge dans une petite vallée accidentée entourée de tous côtés de pentes et de défilés, dont on ne pouvait entrer de la Mecque que par un étroit chemin.

 

Dans cette vallée aride, Mouhammad et les clans de Banu Hashim et al-Muttalib furent forcés de se retirer avec peu de réserves de nourriture. Fâtima (رضي الله عنها) était l'un des plus jeunes membres du clan, elle avait environ douze ans, et devait passer des mois dans les privations et les souffrances. Les lamentations d'enfants et de femmes affamés pouvaient être entendues depuis la Mecque. Les Qouraych ne permirent aucun approvisionnement en nourriture ni contact avec les musulmans, dont la privation était seulement soulagée durant la saison du pèlerinage. Le boycott dura trois ans. Quand il fut levé, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) dut faire face à encore plus d'épreuves et de difficultés.

  • La mort de sa mère Khadîja (رضي الله عنها)

Khadîja (رضي الله عنها), 'la croyante et l'affectueuse', mourut peu après. Avec sa mort, le Prophète (صلىالله عليه و سلم) et sa famille perdirent une de leur plus grande source de réconfort et de force qui les avait soutenus à travers les moments difficiles. L'année pendant laquelle la noble Khadîja (رضي الله عنها), puis ensuite Abou Tâlib, moururent, fut appelé l'année de la tristesse. Fâtima (رضي الله عنها), à présent une jeune fille, fut vivement attristée par la mort de sa mère. Elle pleura des larmes amères et pendant quelques temps fut si frappée par la douleur que sa santé se détériora. On craignit même qu'elle ne meure de chagrin.

Bien que sa sœur aînée, Oum Kulthum, demeurait dans la même famille, Fâtima (رضي الله عنها) réalisa qu'elle avait maintenant une grande responsabilité avec le décès de sa mère. Elle ressentait qu'elle devait donner à son père un soutien encore plus fort. Avec une tendresse affectueuse, elle se dévoua pour veiller à ses besoins. Elle fut si soucieuse par le bien-être de son père qu'on commença à l'appeler Oum Abi-ha, la mère de son père. Elle lui apportait ainsi un soulagement et un réconfort pendant les moments d'épreuve, de difficulté et de crise.


Souvent les épreuves étaient trop pour elle. Une fois, à cette époque, une foule insolente amoncela de la poussière et de la terre sur la gracieuse tête de Mouhammad (
صلى الله عليه و سلم). Quand il rentra à la maison, elle pleura abondamment et essuya la poussière de la tête de son père. "Ne pleure pas" dit-il "qu'Allah protège ton père".

Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) avait un profond amour pour Fâtima (رضيالله عنها), il dit une fois : "Quiconque plait à Fâtima (رضيالله عنها) plait en réalité à Dieu, et quiconque cause sa colère cause en réalité celle de Dieu. Fâtima (رضي الله عنها) est une partie de moi. Ce qui lui plait me plait aussi, et ce qui l'a met en colère me met aussi en colère".


Fâtima (رضي الله عنها) acquis ainsi une place d'amour et d'estime dans le cœur de son père, qui n'était occupé que par sa femme Khadîja (رضي الله عنها).

  • Son émigration

Fâtima (رضي الله عنها) émigra à Médine quelques semaines après le Prophète (صلى الله عليه و سلم). Elle y alla avec Zayd ibn Harithah, qui fut renvoyé par le Prophète à la Mecque pour amener le reste de la famille, dont Fâtima (رضي الله عنها) et Oum Kulthum, Sawdah, la femme du Prophète (صلىالله عليه و سلم), la femme de Zayd, Barakah et son fils Usamah. Pour voyager avec le groupe il y avait également Abdullah le fils d'Abou Bakr, qui accompagnait sa mère et ses sœurs, 'Âicha et Asma.

  • Son mariage avec 'Ali

A Madinah, Fâtima (رضي الله عنها) vivait avec son père dans la simple demeure qu'il avait construite, jouxtant la mosquée. En l'an 2 de l'Hégire, elle reçut des propositions de mariage par l'intermédiaire de son père, dont deux furent rejetées. Ali (رضي الله عنه), le fils d'Abou Tâlib, rassembla alors son courage et vint demander sa main au Prophète (صلى الله عليه و سلم). En présence du Prophète (صلى الله عليه و سلم) pourtant, il se laissa intimider et perdit sa langue. Il ne quitta pas le sol des yeux et ne put dire un mot. Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) lui demanda alors : 'Pourquoi es-tu venu ? As-tu besoin de quelque chose ?' Ali (رضيالله عنه) ne pouvait toujours pas parler alors le Prophète (صلى الله عليه و سلم) suggéra : 'Peut-être es-tu venu pour demander Fâtima (رضي الله عنها) en mariage ?' 'Oui' répondit Ali (رضي الله عنه). Selon ce qu'on rapporte, le Prophète (صلىالله عليه و سلم) dit simplement: 'Marhaban wa ahlan- Bienvenue dans la famille' et cela fut prit comme l'approbation du Prophète (صلى الله عليه و سلم) par Ali (رضيالله عنه) et par les Ansars qui l'attendaient dehors. On rapporte aussi que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) approuva et demanda à Ali (رضي الله عنه) s'il avait quelque chose à donner en dot. Ali (رضيالله عنه) répondit que non. Le Prophète (صلىالله عليه و سلم) lui rappela qu'il avait un bouclier qu'il pouvait vendre.

Ali (رضي الله عنه) vendit le bouclier à Uthman pour quatre dirhams et pendant qu'il se dépêchait de retourner chez le Prophète (صلى الله عليه و سلم) pour lui remettre la dot, Uthman l'arrêta et lui dit : 'Je te rends ton bouclier comme cadeau de ma part pour ton mariage avec Fâtima (رضي الله عنها)'. Fâtima (رضيالله عنها) et Ali (رضي الله عنه) se marièrent donc probablement au début de l'an 2 de l'Hégire. Elle avait environ 19 ans à ce moment, et Ali (رضي الله عنه) en avait environ 21. Le Prophète (صلىالله عليه و سلم) lui-même dirigea la cérémonie du mariage. Pour la "Walîmah", on servit aux invités des dattes, des figues et une mixture de dattes et de beurre gras appelé hais. Un membre dirigeant des Ansars offrit un bélier et d'autres firent des dons de céréales. Tout Madinah se réjouit.

Pour son mariage, on rapporte que le Prophète (صلىالله عليه و سلم) offrit à Fâtima (رضي الله عنها) et à Ali (رضي الله عنه) un lit de bois entrelacé de feuilles de palmes, une couverture de lit en velours, un coussin en cuir rempli de fibres de palmes, une peau de mouton, une marmite, une outre en peau et une meule manuelle pour moudre le grain.

Fâtima (رضي الله عنها) quitta pour la première fois la maison de son bien-aimé père pour vivre avec son mari. Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) était clairement inquiet à son sujet et envoya Barakah avec elle au cas où elle aurait besoin d'aide. Aucun doute que Barakah était source de réconfort et de consolation pour elle. Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) pria pour elle : 'O Allah, bénit les tous deux, bénit leur maison et bénit leur descendance'. Dans l'humble demeure d'Ali (رضي الله عنه) il y avait seulement une peau de mouton en guise de lit. Le matin qui suivit la nuit de noces, le Prophète (صلىالله عليه و سلم) vint chez Ali (رضي الله عنه) et toqua à la porte. Barakah sortit et le Prophète (صلى الله عليه و سلم) lui dit : ' O Oum Ayman ? Appelle mon frère pour moi' 'Ton frère ? C'est celui à qui tu as marié ta fille ?' demanda Barakah de façon quelque peu dubitative comme si elle se demandait : 'Pourquoi le Prophète (صلى الله عليه و سلم) appelle Ali (رضي الله عنه) son frère ?' Il faisait référence à Ali (رضي الله عنه) comme son frère seulement parce que faisant partie des musulmans qui se joignirent à la fraternité après l'hijrah, le Prophète (صلىالله عليه و سلم) et Ali (رضيالله عنه) était donc liés comme des frères.

Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) répéta ce qu'il venait de dire à plus haute voix. Ali (رضي الله عنه) vint et le Prophète (صلى الله عليه و سلم) fit une du'a, invoquant les bénédictions de Dieu sur lui. Puis il demanda Fâtima (رضي الله عنها). Elle arriva se faisant presque toute petite, dans un mélange de respect et de timidité et le Prophète (صلى الله عليه و سلم) lui dit : 'Je t'ai marié à la personne de ma famille qui m'est le plus cher', de cette façon il cherchait à la rassurer. Elle ne commençait pas à vivre avec un parfait étranger mais avec quelqu'un qui avait grandi dans la même famille, qui était l'un des premiers à être devenu musulman à un jeune âge, qui était connu pour son courage, sa bravoure et sa moralité, et que le Prophète (صلىالله عليه و سلم) décrivait comme 'son frère dans ce monde et dans l'au-delà'.

 La vie de Fâtima (رضي الله عنها) avec Ali (رضيالله عنه) fut aussi simple et sobre qu'elle l'avait été chez son père. En fait, en ce qui concerne le confort matériel, c'était une vie de difficultés et de privations. Durant leur vie commune, Ali (رضيالله عنه) resta pauvre car il n'attachait que peu d'importance aux richesses matérielles.

Fâtima (رضي الله عنها) était la seule parmi ses sœurs à ne pas avoir épouser un homme riche.

 

 En fait, on pourrait dire que la vie de Fâtima (رضي الله عنها) avec Ali (رضي الله عنه) était même plus rigoureuse que celle qu'elle eut chez son père. Au moins, avant le mariage, il y avait toujours dans la famille du Prophète (صلى الله عليه و سلم) une quantité de mains prêtes à aider. Mais maintenant elle devait faire face seule, de fait. Pour soulager leur pauvreté extrême, Ali (رضي الله عنه) travaillait comme peintre et porteur d'eau et elle comme broyeuse de céréales. Un jour elle dit à Ali (رضيالله عنه) : 'J'ai moulu jusqu'à ce que mes mains se couvrent de cloques'.

 
'J'ai puisé de l'eau jusqu'à en avoir mal à la poitrine' répliqua Ali (
رضي الله عنه). Celui-ci suggéra à Fâtima (رضيالله عنها) 'Dieu a donné à ton père quelques prisonniers de guerre, va lui demander de te donner un esclave'
A contrecœur, elle alla chez le Prophète (صلىالله عليه و سلم) qui lui dit : 'qu'est-ce qui t'amène ici, ma petite fille ?' 'Je suis venue te donner le Salam' dit-elle de peur qu'il ne puisse lui donner ce qu'elle avait l'intention de demander.
'Que faisais-tu ?' demanda Ali (رضيالله عنه) lorsqu'elle repartit seule.
'J'avais honte de lui demander' dit-elle. Alors tous deux vinrent ensemble mais le Prophète (صلى الله عليه و سلم) sentit qu'ils étaient moins dans le besoin que d'autres.

'Je ne vais pas vous le donner' dit-il 'et laisser les Ahl as-Suffah (pauvres musulmans restés dans la mosquée) tourmentés par la faim. Je n'ai pas assez pour leur nourriture…'

 

Ali (رضي الله عنه) et Fâtima (رضي الله عنها) rentrèrent chez eux, et se sentirent quelque peu découragés mais cette nuit, après qu'ils soient allés se coucher, ils entendirent la voix du Prophète (صلىالله عليه و سلم) leur demandant la permission d'entrer. Pour l'accueillir, ils se levèrent, mais le Prophète (صلى الله عليه و سلم) leur dit : 'Restez où vous êtes' et il s'assit à côté d'eux 'Ne vous indiquerais-je pas quelque chose de meilleur que ce que vous êtes venus me demander ?' demanda-t-il et ils lui dirent 'Si', il dit : 'Les mots que Jibril m'a enseignés, que vous pouvez dire : 'Subhaan Allah' dix fois après la prière, et dix fois "AI hamdu lillah' et dix fois "Allahu Akbar". Et ceci, avant de dormir, il faut que vous le disiez 33 fois chacun.

 
Ali (
رضي الله عنه) dit plus tard : 'je n'ai jamais manqué de le faire depuis que le Messager de Dieu (صلىالله عليه و سلم) nous l'a enseigné'

Il existe plusieurs récits sur les temps durs et difficiles auxquels Fâtima (رضي الله عنها) a du faire face. Il n'y avait souvent aucune nourriture chez elle. Une fois, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) était affamé. Il alla de l'un à l'autre des appartements de ses femmes mais il n'y avait pas de nourriture. Il alla alors chez Fâtima (رضي الله عنها), et elle n'avait pas non plus de nourriture. Quand il trouva en fin de compte de la nourriture, il envoya deux miches de pain et un morceau de viande à Fâtima (رضي الله عنها). Une autre fois il alla chez Abou Ayyoub al-Ansari et de la nourriture qui lui fut donnée, il en garda pour elle. Fâtima (رضيالله عنها) savait aussi quand le Prophète (صلىالله عليه و سلم) n'avait pas de nourriture pendant de longues périodes, et en retour elle lui en apportait quand elle le pouvait. Une fois, elle lui donna un morceau de pain d'orge, et il lui dit 'c'est la première nourriture que ton père a mangée depuis trois jours'.

Par ces actes de bonté, elle montrait combien elle aimait son père et il l'aimait vraiment en retour.

Un jour, il revenait d'un voyage hors de Madinah. Il se rendit d'abord à la mosquée et pria deux ra'kats comme de coutume. Puis, comme il le faisait souvent, il se rendit chez Fâtima (رضيالله عنها) avant d'aller chez ses femmes. Fâtima (رضيالله عنها) l'accueillit et embrassa son visage, sa bouche et ses yeux et pleura. 'Pourquoi pleures-tu ?' demanda le Prophète (صلى الله عليه و سلم). 'Je te vois, O Rasul Allah, ton teint est pâle et jaune et tes habits sont devenus usés et élimés.' 'O Fâtima (رضيالله عنها)' répondit le Prophète (صلىالله عليه و سلم) tendrement 'Ne pleure pas car Allah a envoyé ton père avec une mission qui touchera chaque maison sur la surface de la terre, que ce soit dans les villes, les villages ou les campements du désert apportant soit la gloire soit l'humiliation jusqu'à ce que cette mission soit accomplie avant que la nuit ne tombe inévitablement.'

Avec de telles observations, Fâtima (رضيالله عنها) était souvent amenée de la dure réalité de la vie quotidienne à un aperçu des perspectives immenses et de grande portée ouvertes par la mission dont était investi son noble père.

 Fâtima (رضي الله عنها) retourna par la suite vivre dans une maison proche de celle du Prophète (صلىالله عليه و سلم). L'endroit fut offert par un Ansari qui savait que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) se réjouirait d'avoir sa fille comme voisine. Tous les deux partageaient le quotidien mouvementé de la vie à Médine, aussi bien dans la joie et la réussite que dans la peine et la difficulté.

  • La mort de sa soeur Rouqiyya (رضيالله عنها)

Au milieu de la seconde année suivant la Hijrah sa sœur Rouqayya tomba malade: Elle fut prise par la fièvre et la rougeole. Ce fut peu de temps avant la bataille de Badr. Uthman (رضيالله عنه), son mari, resta à ses côtés et manqua la bataille. Rouqayya mourut juste avant le retour de son père. De retour à Medinah, un des premières choses qu'il fit fut de se rendre sur sa tombe.

 Fâtima (رضي الله عنها) y alla avec lui. C'était la première perte qu'ils subirent au sein de leur proche famille depuis la mort de Khadîja (رضي الله عنها). Fâtima (رضي الله عنها) fut énormément touchée par la mort de sa sœur. Les larmes coulèrent de ses yeux dès qu'elle s'assit à côté de son père sur le bord de la tombe, et il la consola et chercha à sécher ses larmes avec le coin de son manteau.

 Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) avait auparavant parlé des lamentations de la mort, mais cela avait amené un malentendu et quand il revinrent du cimetière, la voix de 'Omar (رضي الله عنه) en colère fut entendue, contre les femmes qui pleuraient pour les martyrs de Badr et pour Rouqayya. 'Umar laisse-les pleurer' dit le Prophète Mouhammad (صلى الله عليه و سلم) et il ajouta : 'Ce qui vient du cœur et des yeux, cela vient d'Allah et de sa miséricorde, mais ce qui vient des mains et de la langue, cela vient de Satan' - par "les mains", il faisait allusion au fait de se frapper la poitrine et de se gifler les joues et par "la langue", aux cris en cœur lancés par les femmes, comme une marque publique de sympathie.

'Othman (رضي الله عنه) épousa plus tard l'autre fille du Prophète (صلى الله عليه و سلم), Oum Kulthum (رضي الله عنها), et de ce fait devint le Dhu-n Nurayn –l'homme aux deux lumières.

  • La naissance de ses fils Al-Hasan et Al-Housayn (رضي الله عنهما)

La perte dont souffrit la famille avec la mort de Rouqayya (رضي الله عنها) fut suivie par la joie quand, au grand plaisir de tous les croyants, Fâtima (رضي الله عنها) donna naissance à un garçon au mois de Ramadan de la troisième année après l'hégire. Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) prononça l'Adhan dans l'oreille du nouveau-né et l'appela Al-Hasan, ce qui signifie le beau.

Un an plus tard elle donna naissance à un autre garçon, qui fut appelé Al-Husayn, ce qui signifie le petit Hassan ou 'le petit beau'. Fâtima (رضي الله عنها) emmenait souvent ses deux fils voir leur grand-père qui les aimait excessivement. Plus tard il les emmenait à la Mosquée et ils grimpaient sur son dos quand il se prosternait. Il fit de même avec sa petite-fille, Umamah, la fille de Zaynab.

  • La naissance de ses filles Zaynab et Oum Kalthoum (رضي الله عنها)

Huit ans après l'hégire, Fâtima (رضيالله عنها) donna naissance à un troisième enfant, une fille qu'elle nomma comme sa sœur aînée Zaynab, qui était décédée peu avant sa naissance. Cette Zaynab grandit et fut l'héroïne de Karbala. Le quatrième enfant de Fâtima (رضي الله عنها) naquit l'année d'ensuite. L'enfant était aussi une fille et elle l'appela Oum Kulthum comme sa sœur qui mourut l'année précédente d'une maladie. Ce fut seulement par la progéniture de Fâtima (رضيالله عنها) que la descendance du Prophète (صلىالله عليه و سلم) fut perpétuée. Tous les enfants mâles du Prophète (صلى الله عليه و سلم) étaient morts en bas âge et les deux enfants de Zaynab (رضي الله عنها), Ali et Umamah, moururent jeunes. L'enfant de Rouqayya, Abdullah, mourut aussi alors qu'il n'avait pas deux ans. Cela était une raison supplémentaire à l'admiration accordée par le Prophète (صلىالله عليه و سلم) pour Fâtima (رضيالله عنها).

Bien que Fatima (رضي الله عنها) était souvent occupée avec les grossesses, les naissances, et l'éducation des enfants, elle prenait part autant qu'il lui était possible aux affaires de la communauté musulmane grandissante de Madinah.

 

Avant son mariage elle était une sorte d'hôtesse pour les pauvres et les démunis d'Ahl as-Suffah. Dès la fin de la bataille d'Uhud, elle vint avec d'autres femmes sur le champ de bataille, pleura les martyrs morts et prit le temps de panser les blessures de son père. Au coirs de la bataille des tranchées, elle joua un rôle majeur de soutien avec d'autres femmes en préparant à manger durant le long et difficile siège. Dans son camp, elle menait la prière des femmes musulmanes et à cet endroit on construisit une mosquée appelée Masjid Fâtima, une des sept mosquées où les musulmans étaient de garde et accomplissaient leurs adorations.

Fâtima (رضي الله عنها) accompagna aussi le Prophète (صلى الله عليه و سلم) quand il fit la Umrah au cours de la 6ème année de l'Hégire, après le traité d'Hudaybiyyah. L'année qui suivit, elle et sa sœur Oum Kulthum furent parmi la foule nombreuse de musulmans qui participèrent avec le Prophète (صلى الله عليه و سلم) à la libération de la Mecque. On rapporte qu'en cette occasion, Fâtima (رضي الله عنها) et Oum Kulthum (رضي الله عنها) visitèrent la maison de leur mère Khadîja (رضي الله عنها), se rappelèrent les souvenirs de leur enfance et de leur jihad, des longs combats dans les 1ères années de mission du Prophète (صلى الله عليه و سلم). 

  • La mort du Prophète (صلى الله عليه و سلم) et l'annoce qu'elle sera la première de sa famille à le rejoindre

Au cours de Ramadhan de la 10ème année, juste avant qu'il n'accomplisse son pèlerinage d'adieu, le Prophète (صلىالله عليه و سلم) confia à Fâtima (رضي الله عنها) un secret révélé à personne jusqu'alors : 'Jibril me récitait le Quran et je le lui récitais une fois par an, mais cette année il l'a récité avec moi deux fois. Je suis bien forcé de croire que mon temps est venu'.

 De retour de son pèlerinage d'adieu, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) tomba gravement malade. Il passa ses derniers jours dans l'appartement de sa femme 'Âicha (رضي الله عنها). Quand Fâtima (رضي الله عنها) venait lui rendre visite, 'Âicha (رضي الله عنها) laissait le père et sa fille seuls ensemble.

Un jour il appela Fâtima (رضي الله عنها)… quand elle vint il l'embrassa et murmura quelques mots dans son oreille. Elle pleura. Alors il murmura à nouveau dans son oreille et elle sourit. 'Âicha (رضيالله عنها) vit cela et demanda : 'tu pleures et tu ris en même temps Fâtima (رضي الله عنها) ? Que t'a dit le Messager de Dieu (صلىالله عليه و سلم) ?' 'Il me dit d'abord qu'il allait rencontrer son Seigneur dans un court instant et j'ai pleuré.' Il me dit alors : 'Ne pleure pas tu seras la 1ère de ma maison à me rejoindre et là j'ai souris.'

Peu de temps après, le Noble Prophète (صلىالله عليه و سلم) décéda. Fâtima (رضي الله عنها) était frappée de chagrin et on la vit souvent pleurer abondamment. Un des compagnons nota qu'il ne vit plus Fâtima (رضيالله عنها) rire après la mort de son père.

  • Sa mort

Un matin, tôt, au cours du mois de Ramadhan, 5 mois seulement après la mort du Prophète (صلى الله عليه و سلم), Fâtima (رضي الله عنها) se réveilla semblant exceptionnellement heureuse et pleine de gaieté. L'après-midi, on rapporte qu'elle appela Salma bint Umays (رضي الله عنها) qui veillait sur elle. Elle demanda de l'eau et prit un bain. Elle mit alors de nouveaux habits et se parfuma. Elle demanda ensuite à Salma de mettre son lit dans la cour de la maison. Le visage tourné vers le ciel au-dessus, elle demanda son mari Ali (رضي الله عنه).

Il fut surpris de la voir étendue au milieu de la cour et lui demanda ce qui n'allait pas. Elle sourit et dit : 'j'ai rendez-vous aujourd'hui avec le Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم)'

Ali (رضي الله عنه) pleura et elle essaya de le consoler. Elle lui dit de prendre soin de ses fils Al-Hasan et Al-Husayn et demanda à être enterrée sans cérémonie. Elle fixa à nouveau le ciel, puis ferma les yeux et rendit l'âme. Fâtima (رضي الله عنها) la resplendissante n'avait que 29 ans…

  • Ses mérites

Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit: "Les femmes qui ont atteint la perfection dans ce monde sont au nombre de quatre: la vierge Marie, Asiya la femme de Pharaon, Khadîja (رضي الله عنها) la mère des croyants, et Fâtima (رضيالله عنها) la fille de Mouhammad (صلى الله عليه و سلم)".

On donna à Fâtima (رضي الله عنها) le titre de [az-Zahra], ce qui signifie la Resplendissante, en rapport avec son visage radieux, qui semblait diffuser de la lumière. On dit que lorsqu'elle se levait pour la prière, le mihrab reflétait la lumière de son visage. On l'appelait aussi al-Batul, en raison de son ascèse. Au lieu de passer son temps en compagnie d'autres femmes, elle passait beaucoup de son temps en prière, à lire le Coran ou à d'autres actes d'adoration.

  • Son caractère

Fâtima (رضي الله عنها) avait une forte ressemblance avec son père, le Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم) . Aicha (رضي الله عنها), l'épouse du Prophète (صلى الله عليه و سلم), dit d'elle : 'je n'ai jamais vu une créature de Dieu qui ressemblait davantage au Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم) dans son langage, sa conversation et sa façon de s'asseoir que Fâtima (رضيالله عنها). Quand le Prophète (صلى الله عليه و سلم) la voyait s'approcher, il l'accueillait, se levait et l'embrassait, la prenait par la main et la faisait asseoir à l'endroit où il était assis. Elle faisait de même quand le Prophète (صلىالله عليه و سلم) venait vers elle. Elle se levait, l'accueillait avec joie et l'embrassait.

 

Les bonnes manières de Fâtima (رضيالله عنها), son doux langage, faisaient partie de sa ravissante et sympathique personnalité. Elle était particulièrement gentille avec les pauvres et les nécessiteux, et donnait souvent toute la nourriture qu'elle avait à quelqu'un qui se trouvait dans le besoin même si elle-même restait sur sa faim. Elle n'avait aucun amour pour les ornements, ni pour le luxe et le confort de la vie. Elle vivait simplement, bien que, parfois, comme nous le verrons, les circonstances étaient vraiment trop éprouvantes et trop difficiles pour elle.

 

Elle a hérité de son père une éloquence convaincante, puisée dans la sagesse. Quand elle parlait, les gens étaient souvent émus aux larmes. Elle avait la capacité et la sincérité pour créer des émotions, émouvoir les gens aux larmes, et emplir leur cœur de louange et de gratitude pour Dieu pour ses faveurs et sa générosité inestimable.


Source :

http://true.salaf.over-blog.com

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